Salt Lake City

Le dîner de cons,

Est-ce dû à notre état de fatigue avancé ou bien à notre curiosité malsaine ? Je n’en sais toujours rien. Quoi qu’il en soit nous avons fait une halte de 3 nuits dans la capitale de l’Utah, Salt Lake City. 

Bien que notre premier sentiment envers cette ville fût positif (on y respire et la ville est à taille humaine), celui-ci s’est écroulé aussi vite qu’un château de cartes (après réflexion, je crois que cette première impression était motivée par la perspective d’avoir du linge propre et de profiter d’une douche chaude). En même temps, j’aurais dû le savoir au vu des règles de la maison :

  1. Interdiction de fumer (méthode non-dissuasive, on fume toujours dehors),
  2. Pas d’alcool (et merde, cela se complique),
  3. Interdiction de s’envoyer en l’air (il ne faut peut-être pas déconner non plus),
  4. Maison sous vidéosurveillance (d’une grande hospitalité, ces mormons).

Pour se soustraire à ces nombreuses réglementations, direction Mormon’s Land (Salt Lake City). Cherchant à tout prix à se divertir, nous avons visité le centre de recherche familial, en se disant que nous pourrions trouver quelques perles sur les origines familiales de nos amis restés en France et vérifier quelques théories fumeuses. Avant de mettre à exécution nos recherches sur la plus grande base de données familiale du monde (oui, je sais ça fait flipper, pour en rajouter sachez que personne ne passe au travers, tout le monde à sa petite fiche), mais pour ce faire nous avons dû regarder une vidéo de propagande sur le bonheur familial. Sur ce, nous avons enfin pu approcher le graal, la salle de recherche (chaque étage du bâtiment est dédié à un continent, s’il vous plaît) sous l’œil vigilant de sœur Marie quelque chose. Malheureusement, une coupure de connexion nous a empêché de mener à bien notre mission. La seule vérification que j’ai eut le temps d’effectuer concernait mon état-civil, j’ai pu vérifier sur les milliards de petites fiches que j’étais encore vivante (toujours bon à savoir).

Ne pouvant resté sur cet échec, nous sommes allés visiter le point d’attraction de la ville, Temple Square. Bref, un petit parc ou les architectes ont eu la bonne idée d’y insérer le maximum d’édifice religieux au mètre carré. Notre regard fut vite attiré par la célébration d’un mariage, mais un missionnaire nous a stoppés net dans nos réflexions (combien d’épouses ?, combien d’enfants ? etc), enfin, il nous a fallu un certain temps avant de comprendre que c’était un rabatteur. C’est dingue une fois que vous ouvrez les yeux, vous comprenez que toute la ville foisonne de missionnaire venu des quatre coins du monde, tous membre de l’église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (oui, je sais, c’est long), c’est un peu le Dysneyland des religieux.

Après ces deux épisodes, ont a stoppés les visites. La ville devient vite étrange et très oppressante quand vous êtes athées. Le deuxième jour c’est avec bonheur que nous avons trouvé refuge dans les centres commerciaux de la capitale et défier  l’interdit en buvant quelques boissons alcoolisées dans un pub irlandais. C’est à ce moment précis que nous recevons un message de la part de notre hôtesse, celle-ci nous invite à venir dîner avec ses amis. C’est confiant que nous avons répondu positivement à l’invitation.

Le sourire aux lèvres, nous pénétrons dans la salle à manger en espérant faire bonne impression auprès des amis de notre logeuse. Quelle ne fut pas notre surprise quand nous avons découvert l’âge des participants, moyenne d’âge autour de la table 80 ans (je m’explique notre hôtesse à 40 ans). Passé cette première surprise, nous apprenons qu’ils sont tous missionnaires de l’église mormone et nous sentons directement LE PIEGE se refermer sur nous (note à moi-même, arrêter d’écouter mon ventre). Une fois les banalités épuisées, on entre dans le vif du sujet, direct crochet du droit, souhaitez-vous en apprendre un peu plus sur notre religion ? Nous-questionne notre hôtesse (à ce moment précis, vous êtes piégé, plus d’échappatoires possibles). Votre bonne éducation vous fait articuler un simple OUI, et là, commence la séance de conversion.

Nous avons dû livrer une longue bataille (certes silencieuse, mais bataille quand même) durant ce repas. Nos armes, surtout ne pas regarder notre interlocuteur et continuer de manger durant son monologue (vous savez, c’est un peu comme en entreprise quand vous êtes coincés avec le dépressif de service, surtout ne jamais demander si ça va ?), je l’avoue, c’est malpoli, mais normalement tout le monde comprend ces signaux non-verbaux. Dans ce cas présent, cela n’a pas fonctionné, j’ai fauté, j’ai posé ma fourchette et levé les yeux sur lui (foutue éducation).

Nous avons eu le droit à toute la gestuelle positive et d’ouverture possible (bras ouverts, mains jointent, mains sur le cœur, etc) durant cet argumentaire. Quand il a feint les larmes (il est fort quand même), ni tenant plus, j’ai été obligé de l’arrêter en lui faisant part de mes convictions religieuses (c’est-à-dire aucune). Bizarrement, ses larmes se sont tout de suite taries (je ne vous fais pas part de mes sous-entendus polygames et avec les témoins de Jéhovah). À défaut d’avoir adhéré à l’église mormone, nous avons profité d’un repas gratuit de qualité.

Des fois, je regrette le camping.

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